OPLGO a le courage de prendre des risques

C’est avec un véritable plaisir que Jean Michel Yvard, Président de OPLGO avoue accueillir  Madame Misonne, à cette journée des adhérents OPLGO à Ernée le 15 Février 2018.

Madame Misonne, parle au nom de la Direction Générale de l’Agriculture Européenne, instance qui peine à être représentée positivement auprès des producteurs français.

Lors de contacts avec OPLGO, Mme Misonne a qualifié de « pas de géant » les avancées de OPLGO ; une OP française, asyndicale, territoriale, regroupant des producteurs livrant leur lait au leader mondial, Lactalis. Autant de handicap optimisés pour en faire des avantages.

Malgré les difficultés, OPLGO s’est toujours inspirée du Paquet lait européen car chacun de ses représentants croit aux valeurs de l’Europe. Une Europe libérale dans le sens de  « liberté pour tous d’agir dans l’intérêt du collectif ». « Ce sont ces fondamentaux que nous défendons, d’où nos différents combats, pour tenter de faire bouger les lignes qui doivent nous protéger, certainement pas nous enterrer », précise le président.

« C’est le sens aussi de notre adhésion à Breiz Europe représenté ici par Christophe, son directeur. Croire en la volonté de l’Europe de poser les jalons d’une réflexion collective, capable de dépasser les logiques nationales. Pour cela, l’Europe doit s’imposer même aux Etats Membres, qui semblent, reconnaissons-le parfois perdus entre la démagogie électorale et l’Union.

« L’enjeu de la mutation de notre métier réside à répondre positivement aux attentes sociétales sans subir », poursuit Jean-Michel Yvard.

« Laissez-nous nous interroger sur l’absence notable de la PAC 2020 dans les Etats généraux de l’alimentation français !

Quelle vision agricole de la France en tant que Etat Membre ?

La France visant la paix sociale en serait-elle réduite à limiter son agriculture à l’utilisation d’anciens outils devenus obsolètes ?

Chacun, pour avancer ensemble doit se remettre en question ; pour ce, nous considérons que le rôle de OPLGO est de d’informer ses adhérents, de leur permettre de s’impliquer, de se voir expliqué le fonctionnement actuel qui est arrivé à bout de souffle afin qu’ils soient acteurs de la filière laitière européenne de demain. »

Avant de passer la parole à Mme Misonne, le Président Yvard remercie le Préfet de Mayenne dont la présence montre l’intérêt qu’il porte à la filière.

Mme Misonne introduit son intervention devant 180 producteurs adhérents à OPLGO. « OPLGO est une OP française qui prend des risques », celui notamment de sortir des sentiers battus, avec la volonté de contribuer à l’évolution d’une filière laitière française et européenne, en faveur des producteurs.

« Il faut beaucoup de courage pour prendre des risques »

Puis elle réexplique la mise en place des OP comme un outil européen « échappant » aux règles de la concurrence, permettant aux producteurs de s’organiser comme « vendeurs de lait ».

Contrairement aux OP, une interprofession ne peut en aucun cas négocier le contrat ou le prix ce qui marque une différence majeure.

Alors que l’Allemagne était réticente à la mise en place d’OP, la quasi-totalité des producteurs adhère aujourd’hui à une OP. Pourquoi ne serait-ce pas évident en France ???

Alors que pour les allemands, il est logique et naturel qu’ensemble on est plus forts, les français ont le sentiment de perdre à l’entrée dans un collectif.

Les op apportent un intérêt économique commun : négocier un prix pour un volume intéressant pour l’acheteur.

Qu’est ce qui retient les francais ? les OP qui ont un rôle économique n’ont rien à voir avec le syndicalisme.

Selon Mme Misonne, plusieurs points propres à la France bloquent l’évolution des OP :

 1/ d’abord je paie pour adhérer à une OP,

2/ il existe une relation verticale un peu étrange entre les acheteurs et les vendeurs

3/ La contractualisation obligatoire a été imposée avant la création des OP

En résulte un industriel puissant et des OP trop petites ? la situation est figée.

Une OP est un outil qu’un industriel devrait avoir la chance d’avoir avec lui, alors qu’aujourd’hui cela semble ne pas être le cas !

Et pour cause : l’industriel a intérêt, dans un tel système que les producteurs soient atomisés

D’autre part, l’interprofession (le CNIEL) n’est pas représentative : elle nous représente si nous sommes adhérents ; or, la cotisation au CNIEL est une CVO pour les producteurs et pour les industriels.

Autre interrogation : La gestion des volumes par les coopératives laitières…

…suite aux prochains épisodes…(une organisation bien française, pourquoi et comment se reconnecter à Bruxelles, le projet OPLGO…)