Des négociations qui durent…

Depuis le début 2016, OPLGO répète au cours de chacune de ses rencontres avec Lactalis, que le prix payé à ses producteurs est en deça du prix payé par ses concurrents. En effet, l’écart s’est creusé au cours des 7 premiers mois et maintenant qu’il est temps de faire les comptes, notre client aurait tendance à dire que nous avons le temps ou qu’il n’y a pas tant d’écart que cela.

Sachant que l’environnement concurrentiel des autres laiteries est bien en dessous du niveau de viabilité des exploitations laitières, les producteurs livrant à Lactalis sont une fois de plus victimes de la double peine : limités par les volumes et par le prix…

Suite à l’action de blocage du siège Lactalis de Laval, du stickage des produits Lactel dans les grandes surfaces, et de sa demande de rencontrer la direction, Lactalis a souhaité une rencontre avec les OP en présence du médiateur. Une première journée marathon s’est déroulée dans la maison du lait à Paris ce jeudi 25 août 2016, avec pour mot d’ordre de la base : pas d’accord plutôt qu’un mauvais accord… Les OP sont dans des négociations de filières et non politiques.

A noter que c’est la 1ère fois que les OP ont la possibilité de négocier le prix avec l’entreprise l’habitude étant de cautionner ou non la proposition de l’entreprise qui finit toujours par payer le prix qu’elle veut. Les OP ont saisi l’opportunité avec brio et intelligence en choisissant de créer une équipe de 5 personnes, conscientes de leur mission de négociation qui ne devait pas décevoir.

Dans un contexte dans lequel il est difficile de connaître la réalité des chiffres, que ce soit celui des concurrents, celui de la répartition des produits transformés (mix produit), ou même du marché mondial, les représentants des OP, dont Jean-Michel Yvard président OPLGO, ont basé leur demande sur 290€ de moyenne sur l’année 2016. Il est évident que rien n’empêche les laiteries concurrentes à Lactalis de mieux payer leurs producteurs !

Ces 290€ étaient basés sur la réalité du marché à ce jour, tout en tenant compte de la perte engrangée ces derniers mois par ses producteurs.

Pour rappel, la moyenne des 7 premiers mois est à 265€ et Lactalis propose depuis fin juillet un accord à 265€ sur toute l’année que les OP de l’Ouest avaient toutes refusé. Les négociations se sont éternisées jusqu’à une proposition du médiateur à 1 heure du matin à 280€ les 5 derniers mois soit une moyenne de 271€ face à une demande de 283€ pour les OP avec une clause de revoyure en octobre en cas d’augmentation du marché.

Une seconde chance d’aboutir s’est présentée ce vendredi à la préfecture de Laval : après 4h30 de discussions, il subsistait encore une différence de 15 euros la tonne entre la proposition de Lactalis et la demande des producteurs.

Saluons les négociateurs qui auraient pu, sous le coup de la pression et de la fatigue, accepter un accord au rabais et qui ont préféré stopper les discussions.

Devant des producteurs déterminés à signer un accord significatif, le geste de Lactalis de 4,50€ n’était pas de nature à rassurer les producteurs mais les négociations ne sont pas closes même si aucune date n’est encore fixée.