Lourde condamnation pour les industriels du lait

Participez au forum : Quel est l’avis des producteurs de lait sur cette actualité?

Comme Le Figaro le laissait entendre dès le 24 février dernier, l’Autorité de la concurrence souhaitait condamner plusieurs industriels des produits laitiers frais vendus sous marque de distributeur. C’est désormais officiel:

l’Autorité de la concurrence a sanctionné ce mercredi à hauteur de 192,7 millions d’euros un cartel des yaourts.

C’est l’une des six plus grosses amendes infligée par l’Autorité de la concurrence depuis 2010. La plus importante date de décembre dernier, avec une sanction globale de près d’un milliard d’euros à l’encontre des industriels de l’hygiène.

Dix entreprises sont ainsi épinglées dans cette affaire parmi lesquelles quatre poids lourds, Yoplait, Senoble, Lactalis et Novandie. Yoplait, qui a été le premier à révéler l’affaire en 2011 dans le cadre d’une procédure de clémence, a complètement été exonéré d’amende. Il échappe ainsi à 44,7 millions d’euros de pénalités.

Les faits incriminés remontent à la période 2006-2012

Les faits incriminés – à savoir un cartel sur les prix, les hausses futures de prix et les appels d’offre – remontent aux années 2006-2012. «En trois ans, l’affaire a été traitée, s’est félicitée l’Autorité. C’est une belle réussite».

Lactalis dit regretter que «l’analyse de l’Autorité de la concurrence l’ait amenée,

par décision de ce jour, à prononcer des sanctions dont l’extrême sévérité témoigne de ce qu’elle n’a pas fait une juste appréciation du contexte économique et a surévalué de façon manifeste la gravité des faits et leur impact sur l’économie».

Pour sa part, Senoble «déplore cette décision qu’elle juge disproportionnée, injuste et déconnectée de la réalité économique que subissent les industriels vendant à la grande distribution sous marques de distributeur. Et alerte sur les conséquences dramatiques qu’une décision aussi extrême aura pour le groupe et ses salariés». Et d’ajouter: «Senoble contestera cette décision par toutes voies de droit disponibles».