LAITS NEWS N°24 : des accords respectés pour un partenariat durable 9/5/20

le 9 Mai 2020

L’accord de médiation sur l’intégration des coûts de production devait permettre la fixation d’un prix payé aux producteurs découlant d’une formule de prix et permettre à OPLGO de travailler de nouveaux projets permettant de valoriser le lait de ses adhérents.

  • L’application de la formule de fixation du prix
    1. L’application de la formule en janvier et février 2020 a permis à Lactalis d’obtenir des hausses auprès des GMS.
    2. Le prix découlera désormais de cette formule qui n’intègre pas d’alignement concurrentiel : il n’est plus question d’adapter les formules sur un prix fixé à l’avance.
    3. Pour laisser du temps à Lactalis de s’adapter à ces nouvelles méthodes, OPLGO a concédé 5€ de saisonnalité en mars, 10€ en avril et 10€ en mai, de façon à ce que le prix payé s’aligne sur celui accepté par d’autres OP
    4. La plupart des industriels tendait vers une baisse du prix dont le pic de production annuel est le meilleur argument pour baisser le prix, cependant, des printemps il y en a tous les ans
    5. La crise Covid-19 en provoquant une modification de la consommation et un absentéisme dans les usines, a accentué cette baisse.

Parallèlement, l’action du CNIEL d’aide à la réduction des volumes sur ses propres fonds a eu deux incidences : un argument pour les industriels de ne pas appliquer de formule de prix qui serait incompatible avec la conjoncture inédite de crise sanitaire, et de fixer un seuil de prix virtuel (320€).
Une fois le système mis en place il s’est avéré que le collège « producteurs » du CNIEL n’avait pas négocié de contre-partie, à savoir un maintien du prix du lait en échange d’une réduction de volumes ! ce qui semble normal puisque seules les OP agréées sont légitimes pour négocier prix et volumes au nom de leurs mandants.

  1. S’appuyant sur la mouvance de la filière laitière française, Lactalis a imposé un prix à 326€ en avril et mai pour les adhérents OPLGO ; mettant en avant la continuité de la collecte malgré ses marchés mis en difficulté par la crise sanitaire (export et Restauration Hors Foyer). Avec une volonté de payer un prix unique à tous ses fournisseurs, Lactalis doute que les acheteurs ayant annoncé de la saisonnalité tiennent leurs promesses cet été. Un consensus entre déroger à la loi (avec les risques encourus) et s’aligner sur les autres acheteurs.
  2. Nous ne pouvons que féliciter l’entreprise d’avoir assuré la collecte malgré des conditions difficiles, et surtout remercier les chauffeurs laitiers qui l’ont assurée. Il ne faudrait cependant pas oublier de mentionner que les producteurs ne peuvent pas subir seuls les risques dus à la stratégie de l’entreprise (export) et que les volumes destinés à la RHF ont été compensés par les achats en grandes surfaces. Le temps pour les transformateurs de s’adapter à cette mutation de la consommation, entrainant des problèmes de conditionnement, de main d’œuvre, de transport.
  3. La demande d’aide au stockage privé par les industriels inquiète particulièrement les OP. En effet, le lait acheté à bas prix, sera stocké sur des fonds européens, au risque de maintenir un prix bas aux producteurs à cause des stocks ainsi cumulés,

 Quand on pense qu’il suffirait à Lactalis, leader mondial du lait, de montrer l’exemple pour que la filière laitière française affiche davantage de considération pour ses producteurs en achetant le lait à un juste prix, issu de la formule. Pour cela, il faut accepter l’évolution ; accepter aussi que la responsabilité sociétale des entreprises selon la Loi EGAlim consiste à laisser les relations commerciales s’équilibrer entre vendeurs et acheteurs en reconnaissant le mérite de chacun, et ce d’autant plus en situation de crise sanitaire que les éleveurs subissent aussi.

L’équipe OPLGO vous souhaite le meilleur dans ces moments très particuliers, restez prudents, prenez soin de vous.