AG DOMFRONT

Un résumé de la journée

Rapport moral 2017 AG de Domfront

 

-Chèrs collègues

2016 sera une année qui restera à jamais marquée dans nos mémoires

  • Tout d’abord une météo atypique qui a laissé des traces sur nos rendements et dans nos stocks avec une qualité et des quantités très hétérogènes
  • Des cours de la viande et des céréales au plus bas
  • -Un prix du lait bien en-dessous de nos coûts de production, entrainant une dégradation de nos trésoreries comme jamais, nous producteurs de lait, n’avons connu.
  • Le résultat et notre revenu sont souvent proches de zéro quand ils ne sont pas négatifs.

A qui la faute ?

Ce serait facile pour moi ce matin de vous dire que c’est Lactalis le coupable, mais ce serait aussi irresponsable de ma part même si je pense que bien des évènements auraient pu être évités si notre client avait été le mieux disant.

La maitrise des volumes ne peut se faire qu’à un prix du lait mieux payé au producteur..

Je veux dire par là que le temps perdu en fin d’été et la communication négative qui en a découlé ont et auront des incidences longtemps.

Vous ne pouvez pas dire, Mr Molly qu’OPLGO ne vous avait pas prévenu des risques que vous courriez en ne vous positionnant pas comme l’entreprise la mieux disante sur notre territoire.

Je sais que vous pourriez me répondre que le manque de transparence de certains opérateurs qui exercent le double prix et double volume fausse les cartes et ne permet pas de connaitre le juste prix.

Je pourrais dénoncer ce système qui conduit les producteurs à produire toujours plus sans réfléchir en amont et en aval de la filière, les pousse à d’endetter  ce qui est à mon sens est encore plus inacceptable quand cette politique est menée par des groupes coopératifs.

Le groupe Lactalis  nous a toujours dit qu’il ne mènerait pas cette politique et nous espérons que cela durera.

C’est dans cet objectif que nous souhaitons continuer la cessibilité des contrats ; c’est aussi une volonté de nos politiques puisque seule la marchandisation a été interdite par la Loi Sapin II. Ce principe reste le plus efficace pour le développement raisonné de nos exploitations, la restructuration, l’installation des jeunes producteurs et l’approvisionnement de vos usines de transformation.

 

Quand je parle de désagréments de cet été, il y en a un que je me dois de citer, c’est la campagne de dénigrement des produits Lactel.

Il est vrai que sur le fond, après une grosse colère dûe au prix indécent payé aux producteurs, nous pourrions croire que cela va avoir un effet sur les négociations…

Seuls des producteurs ne livrant pas à Lactalis peuvent avoir une telle idée !

Quel fournisseur irait dénigrer son propre client en sortant et en salissant ses produits des linéaires de la grande distribution ? Quelle image cela donne aux consommateurs des produits  fabriqués avec notre propre Lait ?

A qui profite le crime si ce n’est au concurrent qui fabrique dans la même gamme de produit ?

Au stickage des produits Lactalis on retrouve chaque fois les producteurs livrant leur lait à des groupes qui fabriquent des produits au rabais, ces mêmes groupes ravitaillant les Marques distributeurs et ces mêmes producteurs qui développent leurs volumes à outrance !

A qui profite le crime si ce n’est aux acheteurs de la grande distribution ?

Car pendant ce temps, les produits sous marques distributeurs (dits MDD) se développent et la valeur ajoutée s’envole vers les distributeurs et la GMS.

 

Je suis très dubitatif quand je vois

  • des coopératives vendre leurs marques à des distributeurs crème d’Isigny a la marque reflets de France Leclerc, par exemple.
  • Ayez pour autre exemple le groupe Socopa qui s’est vendu à Bigard et on retrouve les mêmes qui crient « au secours » quand Bigard ne paie pas la viande assez chère.
  • Les ex coopérateurs ULN qui sont en contrat avec Bongrain.

Nous ne devons pas nous laisser entrainer dans cette spirale qui nuit à notre client Lactalis pour en faire profiter des donneurs de leçons, responsables d’une cogestion politique coopérative.

Nous pourrions imaginer l’inverse demain en ayant un industriel, Lactalis, fier de ses producteurs en les mettant en avant de façon à ce qu’ils puissent eux-aussi bénéficier des marges et enfin vivre de leur métier. La fierté a un coût.

Nous devons tous ensemble, producteurs et Lactalis travailler pour récupérer les marges qui nous sont dues.

Je vous invite Mr Molly à faire passer le message à Mr Emmanuel Besnier .

 

Si nous sommes convaincus de l’intérêt d’être en pleine cohérence partenariale avec notre client Lactalis, il faut que nous réussissions à l’interne à écrire et à signer le futur contrat, contrat équilibré dans nos relations tant au niveau de la pérennité des exploitations que de la gestion des volumes.

Une reconduction des accords sur la cessibilité mettrait suffisamment de perspectives et de transparence dans le développement et la restructuration des exploitations des producteurs livrant chez vous, et cet accord serait équilibré pour vous assurer l’approvisionnement de vos usines.

Enfin, pour nous assurer que l’ensemble de nos adhérents soient dans la confiance et sérénité d’être fournisseur chez lactalis il nous faudra trouver un bon accord cadre ce qui permettrait à OPLGO de représenter ses adhérents en cas de litige et de les accompagner au quotidien.

C’est en tout cas le sens que le conseil d’administration de l’association des producteurs Lactalis de Domfront souhaite donner à ses travaux au sein de OPLGO.